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A la fin du mois de juillet 2004, un communiqué de presse du conseil des
ministres a été publié discrètement pour annoncer la création d'un
portail télématique offrant une porte d'accès unique pour toutes les
personnes concernées par la sécurité sociale. C'est le Journal du
Médecin qui, en plein milieu de l'été 2004, a attiré l'attention sur ce
communiqué et a fait remarquer qu'aucun médecin n'était associé au
projet.
Il était difficile de trouver d'autres informations à ce sujet. Tout
s'est passé au sein du Service Public Fédéral (SPF) Santé publique,
Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, dans les cénacles
clos du Comité de direction “DG1. Organisation des Etablissements de
Soins”, avec comme directeur général Christiaan DECOSTER et avec le Dr
Jean-Paul DERCQ servant de relais au cabinet de DEMOTTE et le Dr Marc
BANGELS du Service Télématique, Informatique et Communication dans le
secteur des Soins de Santé comme rédacteur principal des projets de
texte. Il convient de noter qu'il s'agit d'une initiative qui émane
uniquement des rangs socialistes, notamment de Johan VANDE LANOTTE, Rudy
DEMOTTE et Peter VANVELTHOVEN, soutenus par des experts du Carenet
auprès des Mutualités socialistes.
Le 28.03.2005, le président du CD&V Jo VAN DEURZEN a posé une question
concernant le BeHealth. DEMOTTE a répondu qu'il s'agissait d'un projet
ambitieux qui nécessitait une vaste concertation. Les médecins n'y ont
été associés en aucune façon. Pour le ministre, il est probablement
suffisant que quelques-uns de ses collaborateurs détiennent un diplôme
de médecin.
A la fin du mois de juin 2005, nous sommes entrés en possession, par un
"heureux hasard", d'un avant-projet de loi qui, à l'époque, n'était
encore trouvable nulle part, même pas sur le website du parlement
fédéral. Vers la même époque, l'existence d'un groupe s'occupant du
projet BeHealth a été évoquée au sein du Comité Soins de santé de l'INAMI.
Un "groupe Vision" serait constitué au sein du Comité de l'assurance
pour inspirer et accompagner les travaux de ce groupe.
Compte tenu de mon statut de membre du Comité de l'assurance, j'ai été
admis comme membre du "groupe Vision". Toutefois, le Dr Marc BANGELS a
"oublié" de m'inviter à 2 des 3 réunions qui se sont tenues entre-temps.
On peut se demander si ceci a quelque chose à voir avec les critiques
féroces que nous avons émises lors de la conférence de presse de l'ABSyM
du 07.09.2005 et par conséquent avec une volonté de réduire au silence
les critiqueurs ennuyeux ou s'il s'agit d'un problème I.T. dans la base
de données des membres du groupe Vision. Car le courrier électronique a
parfois également des lacunes.
Fin mars 2005, le ministre DEMOTTE a promis que le projet de loi jetant
les bases du traitement et des soins aux patients à distance serait
encore finalisé avant l'été. Le Dr Jean-Paul DERCQ a encore ajouté que
le projet de loi constitue la base pour le télémonitoring, pour la
simplification du dossier médical et pour l'attribution d'un numéro
médical unique à chaque patient.
Ce qu'il ne dit pas, c'est que le généraliste est exclu de la pratique
médicale s'il n'a pas recours à BeHealth et que le patient ne peut plus
accéder au circuit de soins que via le généraliste.
Le 12.07.2005, le Dr Yolande AVONTROODT a posé, à la Chambre des
représentants, plusieurs questions précises au ministre DEMOTTE
concernant “le projet d'informatisation BeHealth”. A cette occasion,
elle a fait remarquer très judicieusement que les médecins n'étaient pas
associés au projet, pas plus du reste que les partenaires privés du
monde de l'informatique. Le ministre a lu la réponse que son
administration avait préparée et est resté ensuite dans le vague. Je
cite DEMOTTE : “Ik denk dat het interessant zou kunnen zijn voor het
Parlement, maar ook voor mij, om bijvoorbeeld een namiddag te
organiseren om dieper op BeHealth te kunnen ingaan”. (nous traduisons)
(Je pense qu'il pourrait être intéressant pour le Parlement, mais
également pour moi, de réserver par exemple une après-midi à un examen
plus approfondi de BeHealth.) Après quoi il a mis un terme à la
discussion.
Durant les vacances, Jos VAN DEN NIEUWENHOF et moi-même nous sommes
débattus dans un projet particulièrement ardu et nous avons ensuite
transmis une salve de critiques à la presse.
L'avant-projet a été concocté totalement à l'insu des médecins et le
texte n'était trouvable nulle part. Comme par miracle, l'avant-projet
est devenu disponible sur le website du ministre DEMOTTE le lendemain de
la conférence de presse de l'ABSyM. A l'heure actuelle, l'Ordre est
encore toujours exclu du groupe de travail mais ses deux vice-présidents
ont été reçus à une occasion à titre informel par le Dr J.P. DERCQ en
présence de notre directeur administratif, Jos VAN DEN NIEUWENHOF.
Bien que l'Ordre n'ait jamais reçu le texte officiellement, il a rendu,
à l'instar du GBS et de l'ABSyM, un avis extrêmement négatif concernant
le projet de loi. Le vice-président, le Dr Ivo UYTTENDAELE, met
également en garde contre le fait qu'un système accessible à des
centaines de milliers de personnes peut facilement être la cible de "krackers"
. Et il ajoute qu'avant de donner encore plus d'espace à la télématique,
on ferait mieux d'édicter des règles strictes empêchant toute
utilisation abusive des applications télématiques existantes. Le
26.11.2005, l'Ordre a transmis officiellement ses objections contre le
projet au Dr J.P. DERCQ.
Nos critiques ont suscité beaucoup de remous et le Parlement ne pourra
plus être forcé d'avaler le projet un beau matin.
Nous remarquons toutefois que les auteurs n'ont été que temporairement
effrayés et qu'ils ont déjà regagné leur tour d'ivoire idéologique pour
se remettre au travail. Un grand nombre de modifications obtenues par le
GBS ont à nouveau disparu.
Les autorités flamandes travaillent depuis à leur propre système
d'information de santé que j'ai baptisé FlaHealth, sur le modèle de
BeHealth. Un projet de décret du 07.10.2005 figure déjà en catimini sur
le website du Parlement flamand depuis des mois. Dans le cadre de la
seule réunion du “groupe Vision” de BeHealth du 15.12.2005 à laquelle
j'ai été invité, j'ai fait allusion au projet de décret. J'ai fait
remarquer les différences considérables et j'ai demandé si les deux
systèmes devraient fonctionner côte à côte. Il m'a été répondu que les
auteurs de BeHealth étaient informés et qu'une concertation serait
organisée.
Le 24.01.2006, le projet a été porté à l'attention du public par le
Journal du Médecin. Les médecins ne sont pas les seuls à être
contraints d'y participer. Un chantage est exercé sur les patients qui
sont menacés d'exclusion des soins de santé préventifs en cas de refus
de leur part de participer à ce Big Brother flamand.
Nous nous devons d'entreprendre une action pour obtenir la suppression
de plusieurs éléments inacceptables de ce décret. En outre, il faut
obtenir que les médecins flamands ne puissent pas être soumis à 2
systèmes différents : à la fois à BeHealth et à FlaHealth. A moins que
l'intention des autorités flamandes ne soit de réaliser une scission des
soins de santé sur le dos des patients et des médecins en prétextant
l'incompatibilité des deux concepts ?
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